Deux sénégalais assassinés en Italie : un crime qui conforte une politique de plus en plus raciste et xénophobe
La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDH O) exprime sa profonde indignation du crime raciste de deux sénégalais légalement établis en Italie, Modou Samb âgé de 40 ans et de Mor Diop âgé de 54ans.
En effet, ce mardi 13 décembre 2011, un homme du nom de Gianluca Casseri a tiré à bout portant sur ces deux sénégalais à la place Dalmazia (Florence – Italie) en blessant un autre du nom de Cheikh Mbengue âgé de 42 ans. Deux heures après, le même homme a tiré et blessé deux autres sénégalais à la place du Marché Central de Florence avant de se suicider.
Cet acte raciste et xénophobe corrobore avec une nouvelle option de la politique du gouvernement italien tendant à l’instrumentation à des fins électorales de la criminalisation de l’immigration.
Pour rappel, le jeudi 04 juin 2009 lors d’un meeting avec un parti d’extrême droite italien, la Ligue du Nord, Monsieur Silvio Berlusconi, alors Président du Conseil Italien, affirmait qu’il y « a trop de noirs à Milan, on a l’impression d’être en Afrique ».
Ces propos ont fait suite à une loi criminalisant l’immigration, votée le 13 mai 2009 par le Parlement, faisant de l’entrée et du séjour illégal en Italie un délit puni d’une amende de 5000 à 10 000 euros avec allongement de la durée de rétention de deux (2) mois à six (6) mois.
La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme(RADDHO) :
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Condamne énergiquement ce crime raciste perpétré sur des africains particulièrement des sénégalais ;
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Exige du nouveau gouvernement et du parlement italiens que la lumière soit faite sur cette affaire qui, contrairement à la position du Maire de Florence qui est allé vite en besogne en le qualifiant d’acte isolé, peut être l’œuvre d’un réseau ;
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Dénonce l’instrumentalisation politique à des fins électorales de la xénophobie et de l’immigration en Europe, en particulier en Italie, pays qui, jusque là était le plus accueillant des ressortissants africains ;
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Rappelle que cette politiqueest contraireà l’esprit et à la lettre de la Convention européenne des droits de l’Homme de 1950 (art.14), de la Convention internationale sur la protectiondes droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée le 18 décembre 1990, de la Déclaration de principes sur la tolérance proclamée par les Etats membres de l'Unesco le 18 novembre 1995, de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale du 4 janvier 1969 ( art.2.a) et de la déclaration de la 3èmeConférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée tenue du septembre 2001 à Durban ;
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En appelle à l’Union européenne et aux autorités italiennes à combattre vigoureusement le racisme et la xénophobie sous toutes leurs formes ;
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Demande au gouvernement sénégalais, de condamner cet acte ignoble, lâche et inacceptable, mais aussi de prendre toutes ses responsabilités pour assurer la sécurité et le respect des droits des émigrés sénégalais, particulièrement ceux vivant en Italie;
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Invite l’Union Africaine de se saisir de la situation des émigrés africains.
Fait à Dakar le 14 décembre 2011
Le Président
Alioune Tine

MAURITANIE : Stopper la violence d’Etat et prôner la concertation inclusive
La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) est très préoccupée par les affrontements entre les forces de sécurité mauritaniennes et les manifestants négro-mauritaniens du mouvement « touche pas à nationalité ».
En effet à Kaédi , 430 km au sud-est de Nouakchott a été le théâtre de violentes manifestations suivies de l’arrestation de plus trente(30) personnes, le samedi et dimanche passés en guise de protestation contre l'opération de recensement initiée par le gouvernement depuis le 6 mai 2011, qui vise à mettre en service un système biométrique de définition d’identité sécurisée en vue de lutter contre la falsification des documents d’identité, l’immigration clandestine, le trafic de stupéfiants et le crime organisé .
Ce projet est dénoncé par le Mouvement « touche pas à nationalité » qui le juge comme une stigmatisation et une discrimination de la communauté négro-mauritanienne.
Le mardi 27 septembre 2011, des affrontements entre force de l'ordre et manifestants, dans la ville de Magam, à l'est de Kaédi ont fait un mort et plusieurs blessés.
Le 24 septembre à Nouakchott, des manifestants ont eu des affrontements avec des éléments des forces de police, à l’occasion d’une marche contre l’enrôlement qu'ils considèrent comme "une manœuvre visant à déchoir les négro-mauritaniens de leur nationalité". Il y a eu des personnes arrêtées et/ou blessées.
La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) :
- Condamne cette violence policière aveugle qui rappelle les mauvais souvenirs du régime d’Ould Taya,
- Exige la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de cette manifestation contre le projet de recensement ;
- Invite le Gouvernement mauritanien à privilégier le dialogue inclusif comme il l’avait fait dans rechercher d’une solution au passif humanitaire mauritanien ;
Fait à Dakar le 28 septembre 2011
Le Président
Alioune Tine
Communiqué de Presse
Le Collectif des Organisations de la Société Civile réuni le 5 Septembre 2011 à son siège à Enda Graf Sahel a examiné l’évolution du processus électoral au Sénégal.
Après s’être félicité du travail constructif du Comité de Veille et de Suivi des recommandations de l’audit du fichier électoral, le Collectif réitère sa satisfaction pour l’apport conséquent et le rôle de régulation jouée par ses représentants au sein dudit Comité.
En examinant le point relatif à la caution exigée pour les candidatures aux élections présidentielles, il tient à marquer son désaccord total sur le montant fixé par le gouvernement. La caution qui s’élevait à 25 millions lors de l’élection présidentielle de 2007, vient d’être portée à 65 millions. Cette augmentation traduit selon lui, un recul démocratique et ne peut en aucune façon être justifiée par les arguments avancés par l’autorité.
Un tour d’horizon dans les pays de la sous région le conforte dans son intime conviction de la faiblesse des justifications avancées. Aucun pays de la sous région n’atteint ce niveau exorbitant de caution. Le chiffre savamment distillée par certains selon laquelle elle s’élèverait à 100 million au Bénin est totalement fantaisiste. Le montant de la caution au Bénin est de15 Millions de Francs CFA.
Il entre certes dans les prérogatives de l’autorité chargée des élections de fixer la caution, mais elle n’a pas le droit de priver les sénégalais qui le désirent de concourir aux suffrages de leurs concitoyens. Le premier niveau du choix des candidats aux élections présidentielles ne peut avoir comme fondement des bases pécuniaires. Le montant de la caution arrêté est une manière d’instituer un suffrage censitaire contraire aux valeurs et idéaux démocratiques auxquelles notre pays a toujours réaffirmé son attachement.
En conséquence le Collectif des OSC dénonce avec force cette décision qui ne repose sur aucun fondement démocratique et relève d’une violation des droits humains et des valeurs sociologiques du Sénégal, et demande à l’autorité de reconsidérer sa décision pour un processus électoral apaisé, juste et équitable.
Abordant la question du découpage administratif, le Collectif déplore et condamne avec force la décision prise par le gouvernement qui a abouti à l’installation de délégations spéciales en lieu et place des Présidents de communautés rurales démocratiques élus, traduisant manifestement un détournement inadmissible de la volonté populaire.
Sur la question de la candidature controversée du Président Wade à un troisième mandat, le Collectif exhorte le Président à retirer sa candidature considérée comme inconstitutionnelle et invalide par l’écrasante majorité des constitutionnalistes du Sénégal pour préserver la paix et la stabilité du Sénégal et éviter que le pays ne sombre dans le chaos.
Enfin réaffirme avec force son soutien et son appui au Président de la RADDHO Alioune Tine face aux tentatives de diabolisation et de stigmatisation dont il est l’objet par des groupuscules politiques.
Fait à Dakar, le 06 septembre 2011
Ont signé les Organisations Membres du Collectif:
AJED – ANAFA - ENDA GRAF SAHEL - ONG 3D - FORUM CIVIL - LIGUE CIVIQUE SENEGAL – ONDH – RADDHO – RADI - RADIO OXYJEUNES - RESEAU SIGGIL JIGGEN